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Liberté, égalité... Fraternité!

Mis à jour : juin 18

Alors que la vague qui déferle sur notre planète semble, en France, reprendre le large, nous pouvons nous interroger sur nos réactions face à ces semaines de confinement. Brusquement, ce à quoi nous aspirions auparavant avec bonheur nous a semblé insupportable : rester chez soi, prendre le temps, arrêter cette course du toujours plus, toujours plus vite, toujours plus loin… Oui, mais là où choisir de rester chez soi avait une saveur douce et agréable, être forcé de rester à domicile a pris alors un goût amer… Curieux paradoxe, mais que l’on peut aisément expliquer : le libre choix… Oui, c’est cela : notre chère liberté, cette liberté que notre devise brandit fièrement. C’est bien de cela qu’on on nous a privés en nous imposant de remplir un formulaire à chaque sortie, en limitant nos déplacements, en nous empêchant de voir ceux que nous aimons…. Alors nous avons crié à l’injustice, à la censure, à la dictature même.

Et pourtant, cette soi-disant injustice n’a-t-elle pas justement aidé à réparer des inégalités ? Inégalités dues à l’âge, à l’état de santé ou à des ressources insuffisantes face à la maladie ou à l’accès aux moyens de protection. Peut-être que cette « entrave à notre liberté » a finalement permis, pas à pas, de tendre vers l’égalité, cette belle égalité que notre devise arbore, entre les plus solides et les plus vulnérables, entre les plus nantis et les plus démunis, entre les plus âgés et les plus jeunes.

Et si nous imposer de rester chez nous nous avait, en réalité, aidé à vivre mieux la troisième valeur de notre devise ? Et si notre liberté ne pouvait être pleinement vécue qu’en laissant une part, une belle part, à la fraternité ? Laisser sa place à une personne âgée dans la file d'attente d'un magasin, porter un masque en faisant ses courses pour ne pas exposer, une fois de plus, la caissière qui sert son cinquantième client de la journée, se laver une énième fois les mains avant d’aller prendre le bus pour protéger celui pour qui les transports en commun sont la seule solution pour aller travailler… Par choix… Parce que, librement, nous décidons que notre prochain, peut-être plus fragile, moins favorisé, mérite que nous prenions soin de lui, que nous lui témoignions toute notre fraternité… Après tout, n’est-ce pas ce que le Christ nous demande ? « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » … Et si cela cessait d’être un idéal à atteindre pour devenir une réalité, certes exigeante, mais tellement précieuse pour notre « vivre ensemble » ?


Karine Rouvière




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