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Riches de donner. Par Karine Rouvière


« Il est à bord avec Jean ! On vient de le voir ! »

Tels sont les mots qui percent le silence de cette nuit du 1er décembre 2020, témoins palpables du soulagement des organisateurs du Vendée Globe qui n’avaient plus de nouvelles de Kevin Escoffier depuis plusieurs heures... De longues heures d’incertitude, où l’espoir d’une fin heureuse s’est mêlé à l’angoisse d’un sauvetage incertain dans une mer démontée.

La vie sauve, c’est à Jean le Cam que Kevin la doit. C’est lui qui, étant le plus proche du radeau de fortune sur lequel Kevin s’était réfugié, n’a pas hésité à se détourner de sa course pour lui porter secours. Ironie du sort, douze ans plus tôt, Jean avait lui-même été sauvé, lors de cette même course, par Vincent Riou...


Cette histoire a ému les Français, soulagés d’une part que Kevin ait été sauvé des eaux, mais surtout touchés par le geste de Jean qui, sans hésiter une seconde, a porté secours à son concurrent au risque de sacrifier sa place au classement.

Et l’on ne peut s’empêcher de se demander : « Qu’aurions-nous fait à sa place ? ». Car en réalité, Jean n’a pas seulement joué son classement, il a joué sa vie en allant secourir le naufragé. Un sauvetage en haute mer, dans une houle agitée par un vent de trente-deux nœuds, peut s’avérer particulièrement dangereux... Risquer sa vie pour un proche, on peut l’entendre. Mais pour un concurrent ? Qu’avons-nous à y gagner ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?


Dans un monde où le développement personnel est présenté comme la clé de l’épanouissement de l’individu, c’est en réalité la question du don de soi qui se pose ici. L’autre est souvent présenté dans notre société moderne comme une entrave à notre liberté, un frein qui nous empêche de nous réaliser et dont il faut apprendre à se détacher.

Et pourtant... Cet épanouissement personnel dont on parle tant ne passe-t-il pas nécessairement par le bonheur de la rencontre, du partage, de la bonté envers l’autre ? Se donner à l’autre, lui tendre la main lorsqu’il perd pied, s’oublier parfois pour lui porter secours, n’est-ce pas là finalement ce qui fait la plénitude d’une vie ? Peut-être est-il bon de « se rappeler les paroles du Seigneur Jésus, puisqu’il a lui-même dit : il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20,35).


Karine Rouvière

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